Aubervilliers En Lutte

Blog de grève des établissements scolaires d'Aubervilliers

Un article de La Marseillaise (24/02/2010)

Posted by aubervilliersenlutte sur 24 février 2010

Jeu de massacre au collège

Education. Pour trois élèves de moins, Le Ruissatel à Marseille va perdre trois postes de professeur et fermer une classe de 6e à la rentrée. Les enseignants inquiets ont fait grève hier.

La dotation globale horaire (DGH), entendez par là le volume d’heures accordé à chaque établissement pour organiser les heures d’enseignement pour la prochaine rentrée de septembre, continue de tomber et de faire tomber avec elle les têtes des professeurs. Un peu comme un jeu de massacre où les boîtes de conserve se couchent sous le choc des balles.
Diffusées pour la plupart la veille des vacances d’hiver, les DGH ont été difficilement digérées par les enseignants qui ont appris la suppression d’un, voire même de plusieurs postes de leurs collègues.

Au RuissateI, trois postes supprimés
Avant les vacances, des mouvements sporadiques avaient éclaté dans les lycées Victor Hugo et Saint-Exupéry. A la rentrée de lundi, ce sont les enseignants du lycée Marcel-Pagnol qui cessaient le travail à leur tour pour dénoncer la suppression de 97,5 heures, se traduisant par la fermeture de trois classes. Lui faisaient écho le lendemain [hier ndlr] le lycée professionnel Blériot de Marignane et le collège Le Ruissatel.
Hier, une majorité de professeurs de cet établissement de l’Est marseillais décidait de se mettre en grève, avant de se rendre à l’inspection académique, où une délégation a été reçue.
Dans cet établissement du 11e arrondissement de Marseille, ce sont trois postes de professeurs (maths, EPS et lettres) qui seront supprimés entraînant la disparition d’une classe de 6e, pour trois élèves de moins à la rentrée.

Après l’incendie, le collège déclaré sinistré
Le conseil d’administration du collège avait refusé lundi dernier la proposition du chef d’établissement à la majorité, plus les voix des représentants de parents d’élèves. Un vote qui ne changera rien à l’affaire poussant les enseignants à la grève.
Lorsque le gymnase de l’établissement avait pris feu, « nous avions déjà dit que le collège était sinistré », rappelle un professeur d’éducation physique, qui entraîne ses élèves dans la cour et le hall du collège. Cela fait déjà deux rentrées scolaires que cette autre enseignante cesse le travail contre les fermetures de classes. « A force de supprimer de plus en plus de postes, nous craignons qu’il y ait de plus en plus d’emplois précaires », témoigne ce professeur de français, qui voit au fil des ans des classes surchargées (29 élèves en 6e) et des professeurs à bout de nerfs.
« Cette grève, n’est une surprise pour personne. » Au-delà des suppressions de postes, elle y mêle un sentiment d’amertume liée à des conditions de travail de plus en difficiles. « Notre travail est de moins bonne qualité parce que l’on a de moins en moins d’heures de cours et des programmes de plus en plus chargés. » Le collège se distingue des autres puisqu’il est référent pour l’accueil des enfants dyslexiques. Cela n’a pas eu d’effet sur la taille des classes.

Les professseurs sont ils des vaches à lait ?
« Dans ma classe de 4e, j’ai 5 enfants dyslexiques. Moi dans ma 6e sur 29 élèves, j’ai 10 enfants ayant des troubles de l’apprentissage. » Cette jeune professeur se considère comme « une vache à lait ». « Cela fait à peine six ans que je suis entrée dans le métier et je suis déjà hyper frustrée », raconte-t-elle.
Les enseignants ont l’impression que l’histoire se répète d’une rentrée à l’autre. « Tous les ans nous sommes obligés de nous mobiliser si nous voulons obtenir quelque chose. ». A force, ils se demandent si à grande échelle on n’est pas en train d’affaiblir le service public. « C’est l’école de la République qui est menacée », lâche ce professeur.
Au Ruissatel, comme ailleurs, on touche aux conséquences directes de l’annonce par le gouvernement des 13 000 suppressions d’emplois pour la prochaine rentrée de septembre. Un « plan social » qui ne sera pas sans conséquence sur la qualité de l’enseignement et le devenir scolaire des élèves.

CATHERINE WALGENWITZ

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