Aubervilliers En Lutte

Blog de grève des établissements scolaires d'Aubervilliers

Un article de la Tribune de Genève (11/02/2010)

Posted by aubervilliersenlutte sur 13 février 2010

Enseignants français en colère: «La cause des violences est sociale»

MANIFESTATIONS | Une semaine après une grave agression commise dans un lycée de banlieue, le mécontentement des profs fait tache d’huile.

© DR | Yvon-Yvan Barbinot, professeur au lycée professionnel de Pantin, a participé à la manifestation de jeudi.

Jean-Noël CUÉNOD Correspondant permanent à Paris | 11.02.2010 | 18:19

Excédés! Les enseignants sont excédés. Par le gouvernement qui supprime cette année 16 000 postes dans l’Education nationale — soit 70 000 en moins depuis 2002 — alors que les profs doivent redoubler d’effort, surtout dans les zones sinistrées économiquement.

Par les journalistes aussi, coupables de ne s’intéresser qu’aux agressions commises dans les lycées, sans se poser la question des causes véritables.

La semaine passée, un élève du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine dans la banlieue parisienne a été blessé à coups de couteau par sept jeunes qui n’appartenaient pas à cet établissement. A la suite de cette agression, les enseignants ont réclamé des postes de surveillants et de remplaçants, au moment même où le gouvernement réduit le nombre de fonctionnaires.

Le mouvement de colère gagne l’ensemble des profs de l’académie de Créteil qui comprend trois départements de la banlieue parisienne (850 000 élèves et 77 000 membres du personnel). Jeudi après-midi, un millier d’enseignants de cette académie ont manifesté leur mécontentement à Paris. Nous avons discuté avec certains d’entre eux. Non sans avoir subi quelques marques de méfiance, voire d’hostilité.

« Un lycéen est-il violent? Mais a-t-il mangé ce matin? »

Prof de gym — pardon,professeure d’éducation sportive et physique! —, cette responsable de la CGT refuse de donner son identité: «C’est vous qui montez ces affaires de violence en épingle. Quand écrirez-vous enfin un article de fond sur l’enseignement?» Après s’être calmée, elle enchaîne: «Il faut dépasser le fait de la violence pour tenter de comprendre pourquoi tel lycéen en est arrivé-là. Les causes sont nombreuses. Peut-être n’a-t-il pas déjeuner ce matin, comme au moins 80% de mes élèves. Pourquoi saute-t-il le petit-déjeuner? Y a-t-il suffisamment à manger chez lui? Sa mère est-elle obligée de travailler la nuit et n’a donc pas le temps de préparer à déjeuner? Ses parents, chômeurs de longue durée, ont-ils perdu l’habitude de se lever tôt? Les enseignants doivent affronter ce genre de problèmes alors que ce n’est pas notre rôle d’assumer tout ça!»

Professeur au lycée professionnel de Pantin, Yvon-Yvan Barbinot fait ses comptes: «Notre lycée comprend 600 élèves. Il y a 3-4 ans, 80 adultes les encadraient. Aujourd’hui, ce nombre est tombé à 65. Et ce n’est pas fini!»

Un jeune enseignant au Collège Paul-Eluard de Montreuil évoque son angoisse devant la dégradation constante des conditions de travail: «Faute de personnel, nous devons chaque année supprimer des éléments d’enseignement. Par exemple, nous pouvons être contraints de privilégier l’écrit dans l’apprentissage des langues, au détriment de l’oral. C’est une aberration, mais comment faire autrement?»

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