Aubervilliers En Lutte

Blog de grève des établissements scolaires d'Aubervilliers

Contre la précarité

Posted by aubervilliersenlutte sur 12 février 2010

L’Etat a supprimé 50 000 postes en 5 ans dans l’Education, c’est le premier licencieur du pays.

Dans le même temps, il fait appel dans toute la Fonction Publique à près d’un million d’agents non-titulaires pour assurer la « continuité » des services publics. Derrière le maquis des contrats (AVS, EVS, AED, CAE, maîtres-auxiliaires, contractuels, vacataires… dans l’Education nationale), c’est l’insécurité illimitée qu’entérine l’Etat pour ces personnels… et qu’il compte étendre au plus grand nombre, puisque cette logique s’inscrit dans la remise en cause du statut général des fonctionnaires.

Avec une nouveauté que permet désormais la loi sur la mobilité, à savoir l’amplification du recours à des contractuels de droit privé, et notamment dans l’Education la possibilité pour les chefs d’établissement de recruter directement via des agences d’intérim (ce qui est à mettre en relation avec le décret renforçant l’autonomie des EPLE).

Ceci acte l’externalisation de besoins permanents et consacre la marchandisation du service public d’éducation. En réduisant la proportion de fonctionnaires par rapport aux non titulaires dans l’Education, l’Etat entend détruire le statut et le remplacer par le contrat qui individualise, afin de briser les repères collectifs au détriment de l’intérêt général.

En effet, l’extension de la précarité chez les personnels qui défilent au gré des interruptions de contrats ou de vacations se traduit pour les élèves par un manque de repères, d’un encadrement rassurant, de suivi, et contribue à fabriquer les problèmes « d’insécurité » dans les établissements. D’autant qu’elle ne facilite pas la concertation tant demandée entre les personnels. Sans parler de la précarité des étudiants préparant le Master II pour enseigner, à qui on supprime l’année de stage qui permettait d’être formés en étant payés.

Cet objectif de précarisation généralisée explique les tentatives de mise à l’écart des Commissions consultatives paritaires (CCP) qui obligent l’administration à plus de transparence quant à la situation des agents, mais aussi l’absence de plan de résorption de l’emploi précaire dans la Fonction publique depuis la loi Sapin de 2000. Or, la loi « Le Pors » en 1983 avait intégré 35 000 maîtres-auxiliaires par liste d’aptitude, la création des concours internes (menacés) a ensuite permis entre 1990 et 1995 d’en titulariser plus de 14 000, la mise en place du concours réservé en 1996 a permis plus de 20 000 titularisations…

Conclusion : On veut des postes !

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