Aubervilliers En Lutte

Blog de grève des établissements scolaires d'Aubervilliers

Article de l’Humanité (05/02/2010)

Posted by aubervilliersenlutte sur 8 février 2010

L’Humanité Article paru le 5 février 2010

société.

La grève des profs gagne du terrain dans le 93

Rassemblés hier devant la mairie d’Aubervilliers, environ 150 professeurs et élèves de plusieurs établissements ont marqué leur opposition au démantèlement du service public.

Tout est parti de la cité scolaire Henri-Wallon, à Aubervilliers. Lundi dernier, une vingtaine de professeurs ont voté la grève contre la suppression de 16 000 postes dans l’Hexagone et pour l’amélioration des conditions de travail. « Il fallait bien qu’un établissement ouvre le bal. Aujourd’hui, on est 60 % de collègues en grève », explique Loris Castellani, professeur d’histoire-géographie au collège Henri-Wallon. Depuis, six autres établissements les ont rejoints : le lycée Le Corbusier, le lycée professionnel Jean-Pierre-Timbaud, le collège Jean-Moulin et le collège Diderot à Aubervilliers, le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, le collège Gabriel-Péri à Pantin et le lycée Jacques-Brel à La Courneuve. Déterminés, les professeurs semblent n’avoir plus rien à perdre. « Dans la Seine-Saint-Denis, nous sommes les plus mal lotis. Nous devons faire face à des situations d’élèves en grande difficulté. Comment peut-on imaginer, dans un contexte de chômage à la hausse, que le gouvernement supprime des postes dans l’éducation nationale ? » s’insurge Camille Jouve, professeur d’histoire-géo. Les classes surchargées, le non-remplacement des personnels, la précarité programmée… Tout cela va à l’encontre d’une certaine idée du service public à laquelle les grévistes sont très attachés. « Nous ne sommes pas là pour cautionner la réussite de quelques-uns et faire de la garderie pour les autres. Le gouvernement veut institutionnaliser un système à deux vitesses », renchérit Camille.

Au milieu des pancartes contre la casse de la formation, Laurent Igheroussene, prof de maths à Henri-Wallon, explique sa surprise de voir autant d’établissements rejoindre le mouvement : « Nous nous sommes rendus dans les collèges et les lycées alentour pour expliquer notre grève. Les collègues sont à bloc, prêts à se mobiliser parce qu’ils n’en peuvent plus. »

Devant la mairie, les professeurs, qu’ils soient syndiqués ou non, partagent le même sentiment : « On ne peut pas laisser faire le ministre sans rien dire. Si les mobilisations ponctuelles organisées par les syndicats ne donnent rien, cela ne doit pas nous empêcher de réagir et de nous mettre en grève illimitée s’il le faut », explique une enseignante du lycée Le Corbusier. Ce mouvement encore très localisé, soutenu par la FCPE, la CGT éducation et le Snes, marque peut-être le début d’une mobilisation plus large. « Ça fait un moment que ça frémit, lance au micro un jeune prof de maths. Il n’y a pas de miracles. Il faut continuer la grève dans la perspective d’une lutte plus longue. »

Ixchel Delaporte

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